vendredi 4 novembre 2011

Le Marketing (de papa) est mort. Vive le Marketing !

Le marketing a trouvé ses marques de noblesse quelque part dans la première moitié du siècle dernier, lorsque les entreprises se sont rendues compte de la fantastique manne offerte par les consommateurs des pays en voie d'industrialisation, qui semblaient tous aspirer à la même chose : voir leur pouvoir d'achat grandissant récompensé par l'accès à des biens matériels qui afficheraient leur statut social aux yeux des autres. C'est ainsi que des produits de luxe, sont très rapidement devenus des produits relativement courants de part l'action cumulée de cette soif de consommation et de la volonté des industriels de fournir les mêmes produits à un plus grand nombre. La phrase culte d'Henri Ford au sujet de sa Ford T est parfaitement révélatrice de cette forme de marketing de masse de l'époque : "un client peut demander cette voiture de n'importe quelle couleur, du moment que ce soit en noir ...".

Cette idée de satisfaire le plus grand nombre est celle que les marketeurs du monde entier supporteront pendant des décennies. Et pourtant, à y regarder de plus prêt ce n'est pas celle qui a produit les meilleurs résultats ! Non, la stratégie marketing qui marche le mieux, et ce depuis déjà très longtemps, est celle qui donne la part belle aux produits dits de niche. 
Un exemple ? Le Jean. Ce vêtement, à l'origine conçu comme un simple bleu de travail pour les fermiers américains, est très rapidement devenu le vêtement universel le plus porté au monde, sans que ses créateurs aient eu cette stratégie d'adresser leur offre au plus grand nombre. 
Un autre exemple de cette stratégie de non-masse ? Internet. Souvenons-nous en effet que l'origine d'Internet n'est absolument pas liée à une volonté d'améliorer la communication entre individus en connectant la planète entière, mais au contraire de la compliquer !
Il s'agissait pour les américains, à l'époque de la guerre froide avec le bloc soviétique, de développer un moyen de ne pas centraliser les informations sensibles sur un ordinateur unique, mais de les répartir sur plusieurs ordinateurs et ainsi de rendre leur intrusion plus difficile. Si ça ce n'est pas une niche devenue un loft des plus spacieux ...


Ce phénomène de marketing de niche, ou de la personnalisation, ou de la spécialisation, que certains décrivent comme récent (lisez le dernier ouvrage de Seth Godin : "Exit le marketing de masse !"), n'est pas récent. La prise de conscience, ces dernières années, et surtout l'exposition accélérée de communautés, voir de micro-communautés, ou de tribus auxquelles Internet à offert une tribune d'expression idéale, n'ont fait que rendre plus évidente cette nécessité de se diversifier. 

La mondialisation, et son effet induit de concurrence renforcée, ont fait naître le besoin d'aller voir ailleurs que là où la majorité des fournisseurs s'engouffre tête baissée. Cette guerre qui inévitablement aboutit à une baisse des tarifs, en particulier pour les produits banalisés pour lesquels seule la main d'oeuvre compte, a mis en avant la nécessité, en tous les cas pour les entreprises occidentales, mais bientôt pour les entreprises chinoises qui elles aussi commencent à rencontrer leur concurrence à bas coût, de se "réfugier" sur des marchés de niche.


Et alors ? Cette attitude que beaucoup adoptent par défaut, ne serait-elle pas une attitude salvatrice qui a fait depuis déjà des décennies les grands succès de notre histoire ? Le marketing de papa est mort, mais nous ne le regretterons sans doute pas, puisqu'il n'a jamais été celui le plus efficace ...


mercredi 2 novembre 2011

Financer et accompagner ses projets à l'international

S'il ne fallait qu'un seul chiffre pour illustrer les difficultés que semblent rencontrer les entreprises françaises  au niveau de l'export, je citerais celui du pourcentage des PME françaises qui exportent : 4 % ... A comparer aux 11% (je sais c'est déjà un second chiffre ...) de l'Allemagne. 
Lorsque l'on demande aux PME pourquoi elles n'exportent pas, 25% d'entre elles disent ne pas avoir une activité qui s'y prête, 24% disent que ce n'est pas le moment, 18% que l'export leur parait trop compliqué, 18 autres % qu'elles voudraient bien, mais qu'elles rencontrent trop de difficultés pour accéder aux informations nécessaires, 11% qu'elles n'en ont pas les moyens financiers, et donc, restent les 4% qui exportent.

Je souhaite ici apporter un certain nombre d'éléments aux entreprises qui, globalement, n'exportent pas par manque de moyens, d'informations ou de support.

Les aides financières des régions et de l'Etat

  • Des aides individuelles
    • Missions commerciales à l'Etranger
    • Finalisation de contrats ou de partenariats
    • Participations à des salons à l'étranger
    • Dépenses de prospection
    • Recrutement d'une personne dédiée (VIE)
  • Des aides collectives
    • Créations de groupements à l'export
    • Dépenses de prospection de groupements
    • Recrutements exports pour groupements
    • Intégrations à des filières régionales

Les aides de l'Etat :
  • SIDEX (Soutien Individualisé aux Démarches à l'Export) --> participation aux frais de la première mission de prospection individuelle sur un nouveau marché
  • INNOVEX --> participation aux frais de la première mission de prospection individuelle sur un nouveau marché des entreprises membres d'un pôle de compétitivité labellisé
  • Crédit Import-Export --> Crédit d'impôts sur le résultat imposable des entreprises dont l'assiette comprend les frais et indemnités liés à une personne spécialement recrutée pour prendre en charge l'activité import-export de l'entreprise
  • Assurance prospection de la Coface --> couverture de tout ou partie des frais engagés pour la prospection d'une zone géographique donnée en cas d'échec commercial
  • Prêt pour l'export d'Oséo --> Prêt sans garantie réelle pour financer les investissements immatériels, corporels ou les augmentations du besoin en fonds de roulement, liés à une activité à l'export
  • VIE (Volontariat International en Entreprise) --> exonération des charges sociales en France d'un jeune de moins de 28 ans auquel l'entreprise confie une mission à l'international, et dont les indemnités sont fixées par l'Etat
Vous pouvez télécharger un document qui détaille l'ensemble de ces aides ici : Les Aides Financières Export


Les aides des régions (variables selon les régions. Ci-dessous des actions mises en place en Pays de la Loire) :
  • Groupement Export --> association avec d'autres entreprises pour mutualiser ses ressources à l'export, assortie d'une aide de la région sur 2 ans et du doublement du crédit d'impôt Import-Export
  • Prim' Export --> Subvention d'études de marchés, de prestations de conseil, de salons ou de missions de prospection pour les primo-exportateurs sur une zone géographique donnée
  • Objectif Performance --> Financement de prestations externes de conseils et d'études, du recrutement de cadres et d'investissements

L' accompagnement par des experts
Les aides financières seules suffisent rarement à la mise en place d'une stratégie et des moyens appropriés  à l'international. Il faut bien souvent que les entreprises qui ont une réelle volonté de faire de l'export une part importante de leur activité, profitent de l'accompagnement d'experts en la matière :

jeudi 27 octobre 2011

Le design pour tous

Le site Influencia.net me fait une nouvelle fois l'honneur de publier mes réflexions au sujet d'un nouvel état d'esprit en matière de design et de conception, le Design Universel, que j'avais partagées ici il y a quelques jours :

http://www.influencia.net/fr/actualites1/design-pour-tous,31,2050.html

mercredi 26 octobre 2011

Quand les jeunes planchent sur notre futur



Lorsque l'on parle d'innovation, on parle du futur. On parle de solutions à inventer pour rendre demain plus facile, plus brillant, plus prometteur, plus accueillant, plus économe, plus performant, ... Et je me suis dit que les personnes sans doute les plus concernées par cet avenir meilleur devaient être les plus jeunes d'entre nous. Alors je suis allé faire un tour ces jours-ci sur deux campus de grandes écoles de ma bonne ville de Nantes à la recherche des sujets qui inspirent aujourd'hui les étudiants dans le cadre de leurs différents projets d'études. J'ai ainsi eu la chance de parcourir deux expositions de projets de fin de cursus dans une école d'ingénieurs (Ecole Centrale de Nantes) et une école de design (Ecole de Design de Nantes).

Voici donc à travers cette sélection de projets innovants, une vision de notre avenir plus ou moins proche tel qu'il est envisagé par nos têtes pensantes de demain :




Imaginer la rue du futur (Ecole Centrale Nantes)
Quelles solutions technologiques pour relever les grands défis de demain en matière d'économies, d'écologie et de société dans les rues de nos villes ?



Stimuler la pollinisation en ville (Ecole Design Nantes)
Comment permettre l'installation de ruches et leur observation en toute sécurité et facilité en milieu urbain ?





Utiliser les différences de températures entre les eaux de surface et profondes pour créer de l'électricité (Ecole Centrale Nantes)
Mettre au point des échangeurs thermiques et des capteurs adaptés à la production d'électricité en mer.




Offrir intimité et bien-être aux enfants en foyer d'éducation (Ecole Design Nantes)
Offrir aux enfants en chambre commune un espace personnel isolé pour créer les conditions d'intimité nécessaires à leur épanouissement.



Concevoir un système de port sec pour un agencement des navires plus compact que les espaces portuaires actuels (Ecole Centrale Nantes)
Agencement d'anneaux en nids d'abeille sur plusieurs étages en sous-sols.


Optimiser le transport en taxi dans les grandes villes (Ecole Design Nantes)
Mettre en place des solutions de taxi-partage, géolocalisation et signalétique adaptée.


Profiter de l'énergie thermique des mers pour produire un maximum de produits dérivés (Ecole Centrale Nantes)
Produire de l'électricité pour générer de l'hydrogène et de l'ammoniac. Produire de l'eau douce pour alimenter des centres de thalassothérapie et fabriquer de l'eau potable. Utiliser les eaux profondes riches en nutriments pour fabriquer des produits cosmétiques et alimentaires.


Optimiser la diffusion de la lumière dans les bâtiments anciens (Ecole Design Nantes)
Des façades réfléchissantes pour les parois étroites des cours intérieures. Des miroirs inclinés et des verrières pour capter au maximum la lumière et la rediriger vers l'intérieur.




Implanter des éoliennes flottantes en haute mer (Ecole Centrale Nantes)
Une solution pour réduire le coûts d'installation des éoliennes traditionnelles et faciliter le recyclage des matériaux.







Prolonger l'apprentissage du collégien en dehors du temps scolaire (Ecole Design Nantes)
Mettre en application les ressources apprises en cours, à travers un jeu de construction de collaboration à distance avec d'autres personnes.

Augmenter sensiblement la quantité de plastique recyclé (Ecole Centrale Nantes)
Nettoyer les plastiques souillés et utiliser de la vaisselle compostable.


Mettre en valeur l'expérience du vin (Ecole Design Nantes)
Utiliser un autre matériau que le verre traditionnel pour mettre le vin en bouteille. Une solution très esthétique : la porcelaine avec ses codes couleurs distinctifs.



Valoriser les déchets de l'industrie du bâtiment (Ecole Centrale Nantes)
Définir un procédé de recyclage et de valorisation des plâtres.







Lutter contre les nuisances en open space (Ecole Design Nantes)
Filtrer les nuisances physiques et numériques des espaces de bureaux qui sont aujourd'hui en France à 60% sous forme d'open spaces. Un mélange de logiciels qui permettent au salarié de composer sa propre interface de signalisation et de cloisons acoustiques modulables.




Produire de l'eau potable dans les zones les plus désertiques (Ecole Centrale Nantes)
Une éolienne récupératrice d'eau potable par condensation de l'humidité de l'air capable de produire 500 L d'eau par jour.



Rendre plus sûrs et agréables les déplacements urbains du piéton (Ecole Design Nantes)
Des traversées lumineuses avec un système de pavés lumineux et de balises d'alerte sécurisant la traversée des piétons.


Je ne sais pas vous, mais moi je trouve toutes ces idées très emballantes et révélatrices de la volonté de notre jeune génération de consommer plus équitablement, de mieux partager les espaces, de changer les (mauvaises) habitudes et globalement d'améliorer leur cadre de vie en société. 

samedi 22 octobre 2011

Bien exporter c'est aussi bien connaître ses interlocuteurs

Exporter est une forme de défi qu'encore trop peu d'entreprises en France décident de relever. Malgré les promesses d'eldorados, de croissance et de diversification que l'export peut véhiculer, les obstacles, imaginaires ou avérés, prennent souvent le pas et empêchent nos entrepreneurs de se lancer : "Je ne parle pas de langues étrangères", "Je ne connais pas la législation en vigueur dans tel ou tel pays", "Qu'est-ce qui se passera si je ne suis pas payé ?", "Je ne connais pas suffisamment le système de distribution de ce pays", "Je vais être copié", "Je ne sais pas quel pays choisir", "Je n'ai pas les reins suffisamment solides pour lancer mon activité à l'étranger", etc ...

J'ai déjà eu l'occasion de débattre ici de certaines de ces objections et je n'y reviendrai pas dans ce post. Je souhaite cette fois-ci attirer l'attention de ceux qui ont déjà réussi à passer outre ces frilosités, mais qui ont peut-être sous-estimé un autre aspect des difficultés du monde de l'export, celles liées aux différences interculturelles. Je vous propose ainsi de partager un certain nombre d'expériences personnelles afin d'attirer votre attention sur différentes habitudes, différents mécanismes, différentes attitudes que j'ai pu observer dans 5 régions du monde que je connais particulièrement bien, soit pour y avoir vécu, soit pour y avoir passé beaucoup de mon temps avec des clients, partenaires ou concurrents.

Voici donc quelques observations au sujet du comportement en situation commerciale au Japon, aux Etat-Unis, au Royaume Uni, en Chine et dans les pays d'Europe de l'Est (principalement Russie, Pologne et Hongrie) :

Japon
  • Les décisions doivent faire l'objet d'une forme de consensus, mais le poids de la hiérarchie biaise souvent ces décisions collectives
  • On aime négocier tout au long du processus d'échange, même parfois après qu'un contrat ait été signé
  • Les gens ne se serrent pas les mains, mais se saluent en se courbant l'un vers l'autre
  • Un dirigeant "senior" exigera d'avoir en face de lui un interlocuteur de niveau équivalent
  • Il n'est absolument pas coutumier d'organiser des déjeuners d'affaire. Les repas d'affaire se déroulent le soir
  • Il ne faut pas laisser le doute s'installer. Le doute est synonyme de risque potentiel qu'il convient d'éviter
  • Le Japon est une société très machiste
  • Le poids des anciens congloméras est encore très présent en particulier dans la notion de réseau
  • Les japonais aiment bien les cadeaux, et le cérémonial autour de l'offrande est très important
  • Il est important de savoir reconnaitre ses erreurs
  • Il n'est absolument pas de bon ton de laisser transparaitre ses sentiments
  • Un japonais n'utilise quasiment jamais le mot "non" tout seul

Etats-Unis
  • Il convient de privilégier les actions à court terme, concrètes, plutôt que les plans sur la comète ...
  • Un contrat est un contrat ! Ni plus, ni moins ...
  • Il faut aller de l'avant, innover et faire des choses nouvelles
  • Un bureau avec beaucoup de fenêtres est forcément le bureau d'un grand chef !
  • Ils adorent les procédures dirigistes qui ne laissent aucune place à l'approximation
  • Un américain ne peut que très difficilement accepter de se voir donner des leçons de marketing par un français ...
  • On sait faire des affaires rapidement
  • Ils travaillent tôt le matin et finissent tôt le soir

Royaume Uni
  • Les prises d'initiatives individuelles sont encouragées
  • Les contrats sont décortiqués et cela prend du temps à les élaborer
  • Le fond et la précision des données comptent peut-être plus qu'ailleurs, au détriment de la forme
  • L'esprit de compétition (voir de jeu) est très développé
  • Un homme d'affaires est toujours très bien habillé

Chine
  • Beaucoup de personnes sont superstitieuses et on ne pourra pas toujours faire ce que l'on veut n'importe quel jour
  • Faire des études de marché n'est absolument pas dans leur culture. C'est même perçu comme une perte de temps
  • La méthode de l'ajustement est privilégiée. On fonce et on corrige le tir au cas par cas pour s'adapter
  • La parole et les échanges verbaux sont très usités, plus que les écrits
  • Attendez-vous lorsque vous présentez un projet ou une offre à le faire plusieurs fois devant des groupes différents constitués d'un nombre important de personnes
  • Un chinois ne serre en principe la main d'un autre chinois que s'il ne l'a pas vu depuis longtemps
  • Le poids de l'histoire est important. Faire des choses nouvelles qui n'ont jamais été faites avant est d'autant plus difficile
  • Pour faire des affaires, il est plus facile d'avoir établi des liens directs avec ses interlocuteurs
  • Une délégation chinoise en voyage à l'étranger n'hésite pas à faire en sorte que les collaborateurs partagent leurs chambres d'hôtel à plusieurs pour limiter les frais

Europe de l'Est
  • Il est souvent hors de question d'aboutir à des compromis. Ils savent dire non et imposer leurs points de vue.
  • Ce sont des hommes et des femmes de dialogue qui accordent une grande importance aux relations humaines
  • Prévoir des repas d'affaire bien arrosés (surtout avec les russes ...)
  • Ils sont très sensibles au prestige des lieux dans lesquels vous organisez des réceptions ou des négociations
  • Il faut être patient et laisser le temps au temps ...

Je laisse à chacun d'entre vous le soin de compléter ces listes qui sont certainement loin d'être exhaustives, mais qui ont le mérite de reposer sur du vécu ... Et en même temps, souvenons-nous que les aprioris ont la vie dure et que, dans beaucoup de pays étrangers, nous autres français sommes encore perçus comme ceux qui passent 2 heures à table tous les midis ou qui sont d'indécrottables arrogants qui méprisent les étrangers ...

vendredi 21 octobre 2011

Et si nous pensions Design Universel pour avancer ?

Je sors tout juste d'une conférence organisée par l'école de design de Nantes, dont le sujet général était centré sur la compréhension du comportement des usagers et l'identification des besoins de consommation et de services d'un individu.
Un débat a particulièrement retenu mon attention. Organisé par Catherine Bouvard, responsable de cursus à l'école de design, Marine Semichon, architecte diplômée d'état chez David Bonnett Associates à Londres, et Florent Orsoni, directeur exécutif de Tutti Mobi et conseiller auprès de ministères et collectivités locales en matière d'accessibilité, le débat en question avait pour thème l'approche positive de la contrainte comme génératrice de service supplémentaire et fut l'occasion d'échanges au sujet d'un concept émergeant et prometteur, celui du Design pour tous, appelé encore Design Universel.

"Design for all est la conception d'environnements, produits et services afin que toutes les personnes, futures générations incluses sans restriction d'âge, de genre, de capacité ou d'origine culturelle, puissent avoir les mêmes opportunités de comprendre, d'accéder et de participer pleinement aux activités économiques, sociales, culturelles et de loisir, de manière la plus indépendante possible"

Plus qu'un concept, il s'agit ici sans doute d'un véritable état d'esprit, d'un véritable objectif de société, qui veut faire d'une contrainte forte, en l'occurrence l'accessibilité au plus grand nombre, un axe de développement et d'innovation susceptible de faire naître des activités économiques nouvelles.
L'idée repose sur le souhait de proposer des solutions au service de l'Homme dans sa plus totale diversité, et non plus en considérant qu'il y a un Homme type ou qu'il y a des Hommes avec des besoins si particuliers qu'ils finissent par être considérés comme exceptionnels et marginaux (l'exemple des handicapés est une illustration de cette marginalisation dont on souhaite sortir avec cette idée de Design Universel). Présenté autrement, il convient ici de vouloir rester généraliste dans son offre tout en touchant un maximum de cibles diversifiées. Il convient de ne pas prendre la contrainte comme une contrainte, mais bien comme potentiel levier d'innovation.

Les champs d'application du Design Universel sont vastes : les transports, les communications, l'information, l'accès aux lieux publics, les biens courants, les loisirs, ... Imaginer et concevoir des musées qui puissent être visités au même rythme, avec les mêmes regards, en partageant exactement les mêmes infrastructures par une personne handicapée, étrangère, jeune ou vieille. Rendre possible l'utilisation d'un téléphone à écran tactile à un déficient visuel (au passage, qualifier de "tactile" un écran qui ne peut aujourd'hui pas être utilisé par un non-voyant est assez paradoxale ...). Faire en sorte qu'un lieu de vie puisse s'adapter au fil du temps aux différentes contraintes des étapes de la vie d'une famille qui se construit, s'agrandit, se disperse, vieillit. Adapter certains outils de bricolage ou ménagers à des utilisateurs privés de certaines capacités ou pas toujours suffisamment "formés" à leur utilisation. Voilà autant de sujets qui illustrent les apports potentiels de ce Design Universel.

La mise en oeuvre d'une stratégie de Design Universel a été il y a quelque temps déjà proposée par Bob Zeidman à travers une méthodologie qui fait la part belle à 7 critères et qui permettent du juger de la pertinence d'un produit ou d'un service en matière d'accessibilité :

  • Utilisation équitable
  • Flexibilité
  • Simple et intuitif
  • Perceptibilité de l'information
  • Tolérance à l'erreur
  • Espace pour l'utilisation
  • Effort physique minimal
Toyota est aujourd'hui reconnue dans le monde pour son implication dans le domaine du Design Universel que l'entreprise nippone souhaite déployer pour favoriser sa politique de qualité.

Le débat d'aujourd'hui fut passionnant et il a en particulier mis en exergue un certain nombre de paradoxes auxquels la notion de Design Universel devra sans doute être confrontée avant de pouvoir être considérée comme une avancée mature :
  • Personnalisation ou Universalité ?
  • Design ou Banalisation ?
  • Rupture ou Incrémentation ?
  • Sophistication ou Simplicité ?
  • Instantanéité ou Durabilité ?


Le Design Universel ne serait-il pas une autre tendance propice à l'innovation parmi celles que j'avais déjà répertoriées par ailleurs il y a quelques temps ? ...

lundi 17 octobre 2011

Savez-vous ce que nous aimons vraiment ?

C'est sans doute un lieu commun de dire que nous sommes tous à longueur de journée assaillis de toutes parts par la publicité. Mais il convient effectivement de reconnaitre que la multiplicité des marques, mais surtout des différents supports de communication, n'ont fait qu'accélérer les choses ces 10 dernières années. Beaucoup y voient un véritable fléau, un inconvénient, une gène, une agression permanente pour nous et nos enfants. Personnellement, j'y vois au moins 2 avantages majeurs. Mais en tenant les propos que je m'apprête à tenir ici , je me positionne en tant que professionnel du marketing et non plus en tant que consommateur. Quoi que ...

Le premier avantage réside dans le fait qu'à présent, pour se rendre visible, un annonceur doit faire preuve de beaucoup plus d'originalité, d'inventivité. On peut imaginer que la multiplication des annonces de tout genre tire le niveau vers le haut (en tous cas en ce qui concerne le haut du panier des annonces) et que finalement ce n'en est que plus profitable, au sens agréable du terme, pour les consommateurs que nous sommes et que plus intellectuellement satisfaisant pour les marketeurs que certains d'entre-nous sont.

Le second avantage est représenté par l'ouverture statistique offerte par ce grand nombre d'annonces, permettant ainsi d'élargir le champ des observations que tout à chacun est capable de faire et d'affiner ainsi notre connaissance des goûts et notre compréhension de l'efficacité en matière de communication. Si on nous demande de choisir entre rouge et noir, notre choix ne pourra se porter que très difficilement sur le bleu ... Finalement on arrive aujourd'hui, grâce à cette surenchère en matière de produits et de communication à mieux cerner ce que nous aimons vraiment.

Ce qui semble séduire aujourd'hui la majorité des consommateurs, ce qui permet aux marques de se faire apprécier, peut être résumé en 5 points clés. C'est en tout cas la conclusion de l'étude d'Interbrand de cette année sur les raisons qui ont fait que des marques ont réussi à augmenter leur capital d'appréciation auprès des consommateurs :

  • La clarté et la simplicité
Nous apprécions une offre et une communication claires, facilement accessibles et rassurantes, surtout en cette période de crise(s). Google est l'archétype d'une telle marque. Nokia, dont les interfaces produits sont jugés trop compliquées semble s'être éloigné de cette attente.

  • L'engagement
Une entreprise qui s'engage a plus de chances de se faire apprécier. Peu importe d'ailleurs la forme de l'engagement : engagement citoyen, engagement vis-à-vis de ses employés, engagement assorti d'une garantie de résultats. AXA est le plus bel exemple de cette catégorie d'entreprises avec son nouveau slogan "réinventer notre métier" et ses différents programmes d'accompagnement des jeunes.
  • La pertinence et la rapidité
Il s'agit ici de rendre sa promesse tangible et de répondre le mieux possible et le plus rapidement possible aux attentes des consommateurs. Amazon répond parfaitement à ces critères.
  • L'authenticité et la fidélité
Rester fidèle à ses valeurs lorsque ces dernières sont parfaitement reconnues par le marché, est une qualité qui continue de séduire. Mercedes l'a bien compris en choyant ses clients en leur offrant un certain nombre de privilèges haut de gamme.
  • La présence
C'est particulièrement pour les entreprises réputées d'habitude discrètes que cet attribut peut faire marquer des points auprès d'une clientèle qui se verra rassurée par cette présence renforcée. C'est le cas par exemple de Cartier qui a agréablement surpris sa clientèle, mais aussi sa non-clientèle, en renforçant récemment sa présence sur Internet à travers des sites propres à ses différentes collections.


Ces valeurs relativement classiques, sans excentricité particulière sont à comparer avec ce qui a été par ailleurs identifié par le Syndicat des Régies Internet (SRI) comme les tendances actuelles de la communication "on-line" sur Internet et qui font qu'une marque se fera plutôt bien reconnaitre par les internautes :

  • La contre-culture
Celle qui met en avant le second degré, voir le "trash" ou encore l'auto-dérision, semble être une tactique utilisée par de nombreuses marques pour faire parler d'elles.

  • L'ego trip
La chasse aux "followers", "friends" et autres "like" est un sport pratiqué par beaucoup d'internautes, mais aussi par beaucoup d'entreprises sur Internet. Il convient ici de renforcer son pouvoir charismatique en montrant aux autres combien on est aimé au sens quantitatif du terme.

  • L'atelier créatif
Internet est devenu un véritable lieu d'expression artistique. Chacun mixte les polices de caractères à sa guise, s'invente des vidéos plus ou moins originales et donne la possibilité à d'autres de co-valider telle ou telle tentative de cette expression.

  • La puissance absolue
Internet est la matérialisation de l'ouverture des possibles : avoir tout, tout de suite. Les marques qui répondent à cette exigence marquent indéniablement des points précieux. Mais il y a des exceptions. N'est ce pas Apple ? ...

  • Le jeu
Ceux qui savent amuser sont aujourd'hui considérés comme étant dans le vent (voir mon post précédent  http://sedifferencierdesesconcurrents.blogspot.com/2011/10/un-exemple-de-communication-innovante.html). Le jeu est l'essence même de l'interactivité que beaucoup réclament, et ceux qui savent offrir ces espaces ludiques gagnent indéniablement en crédit reconnaissance.

  • Le meilleur prix
Loin de la politique du hard-discount, Internet surfe à présent sur la vague du juste prix. Le consommateur veut trouver le meilleur produit du moment en continuant de penser qu'il est un privilégié (achats groupés, achats privilèges, ...).

  • Woodstock en ligne !
Nous sommes à l'ère de la célébration, du partage à l'échelle planétaire. Internet est devenu un lieu de rassemblement et les réseaux sociaux les véhicules incontournables de cette soif d'appartenance à une communauté. Les entreprises qui créent une communauté ou qui sont partie prenante de cette stratégie de fusion collective sont perçues comme des entreprises parfaitement intégrées à la société.

  • L'information choisie et ciblée
Le consommateur souhaite que l'on respecte ses instants d'intimité. Il veut lui-même choisir l'information qui l'intéresse et le moment auquel il y accédera, et ne plus attendre le journal de 20h, impersonnel et trop stricte dans son format pour répondre à cette attente. Nous voulons nous-mêmes choisir la valeur que nous allons donner à la publicité qui nous atteint, et surtout que cette publicité soit en ligne avec le type d'informations que nous recherchons de manière volontaire.

Une entreprise sera donc aujourd'hui considérée comme reconnue lorsqu'elle saura manipuler avec dextérité le maximum de ces attributs (Contre-culture, Ego trip, Créativité, Puissance absolue, Jeu, Meilleur prix, Célébration, Information choisie), et elle sera appréciée lorsqu'elle saura faire preuve soit de Clarté, d'Engagement, de Pertinence, d'Authenticité ou de Présence.
Et une entreprise qui saura associer une grande partie de ces attributs, pris dans ces 2 catégories, sera à la fois reconnue et appréciée ...